Sans
vouloir prétendre vous dresser une biographie même rapide de François DE LA
CHAIZE je pense
néanmoins qu'il vous serait agréable de connaître quelques anecdotes de son
existence Que lion pourrait aussi bien trouver dans quelque roman d’Alexandre
Dumas ou de Paul Féval. Rappelons d'abord que c’est ici-même, au Château
d’Aix qu’il est né le 25 août 1624 et qu’il mourut à Paris dans la maison des Jésuites de la rue St
Antoine, le 20 janvier 1709, durant le terrible hiver de 1709 où l'on pouvait
traverser la Seine â pied sec.
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Le
père de la Chaize-bibliot. « les fontaines »;s;j.(Chantilly) |
Il
était le fils de George, Sieur DE LA CHAIZE et de Renée DE ROCHEFORT, femme
de mérite et de vertu et qui, le fait aura une très grande importance,
descendait d'une sœur du fameux Père COTON,
confesseur et conseiller d’Henri IV, puis de Louis XIII.
Le Père
Pierre COTON lui aussi était un Forézien qui naquit â Néronde
en 1564. Nous
nous trouvons donc en pays de connaissance et encore plus si nous ajoutons que
François qui était le second de douze enfants fit ses études au collège de
Roanne fondé par Jacques COTON, seigneur de Chenevoux, frère
de Pierre et lui-même jésuite. Tout naturellement François fit son noviciat
à la pieuse société, étudia les belles-lettres, les mathématiques et
la philosophie sous la
protection d'un oncle êga1ement jésuite. Il fut ensuite professeur d'humanités
et prépara ses derniers vœux à Rodez. De là il retourna à Lyon où sa méthode
d'enseignement de la philosophie fut si originale et si couronnée de succès
qu'on lui demanda de la publier. Elle parut à Lyon en 1661. Il enseigna ensuite
la théologie à Lyon puis fut nommé recteur de la maison de la S.J. à
Grenoble. Mais Monseigneur Camille DE VILLEROY, archevêque de Lyon qui l'appréciait
hautement intervint en haut lieu, sa famille faisant partie de l'entourage immédiat
du roi Louis XIV, pour qu'il revint A Lyon en qualité de provincial.
Le
féroce duc DE SAINT-SIMON, devant qui peu de grands personnages
ont trouvé grâce, n'a
jamais chargé le Père
LA CHAIZE. Il
n'a surtout
pas justifié la légende qui voulait que ce fut lui qui poussa Louis XIV à révoquer
l'Edit de Nantes. L'historien François BLUCHE fait d'ailleurs justice de cette
calomnie. Quoiqu'il en soit
et grâce aux appuis de la famille
DE VILLEROY, ce fut François DE LA CHAIZE qui fut amené A succéder, en 1675,
au Père FERRIER comme
confesseur du Roi.
Pour
montrer sa largeur d'esprit signalons deux faits qui peuvent en témoigner. Tout
d'abord il fit faire une enquête sur ce
qui se passait à la Bastille
où de graves abus s'étaient introduits. Il y fit pénétrer un jésuite qui
enquêta durant sept mois et le rapport que le Père LA CHAIZE communiqua au Roi
ne fut pas sans conséquence pour le gouverneur qui mit fin à certains de ces
abus.
En
ce qui concerne ses relations avec les protestants le Père LA CHAIZE encouragea
un écrivain calviniste nommé SPON à voyager dans le Sud de l'Europe et
à publier une relation
de son expérience.
Ils échangèrent par la suite
une longue et fructueuse
correspondance.
Mais c'est de l'étranger que fut montée une intrigue odieuse dont une des premières victimes fut le Père LA CHAIZE. En effet une bande d'aventuriers et de faussaires anglais l'accusa
d'avoir organisé un
complot pour assassiner le roi CHARLES II. A l'origine de l'affaire on trouvait
un certain Titus OATES qui était
un escroc de la pire espèce: curé anglican de diverses paroisses, chapelain à
bord d'un navire de guerre il en avait été chassé à cause de son inconduite
et s'était réfugié en Flandre. Il en conçut une vive haine de la société
qu'il reporta plus particulièrement sur les catholiques. Dans deux affaires antérieures
il avait été reconnu comme ayant fait de faux témoignages.
Son inspirateur, TONGE, un implacable ennemi
des catholiques d'Angleterre lui conseilla de simuler une con- version à l'église romaine qui lui permettrait de se glisser dans la Société de Jésus. Cette abjuration factice constituait
la première partie de la machination. OATES réussit à se faire admettre comme candidat à la SJ dans sa maison de Valladolid. Mais il fut démasqué au bout de cinq mois et fut contraint de tenter une autre intrusion cette fois-là au collège de St Omer. On était en 1678, mais là encore son attitude pour le moins curieuse incita les supérieurs à rejeter sa candidature de postulant. Il fallait donc agir autrement.
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Charles II d’Angleterre |
Alors ses complices TONG et LUZANCY, ce dernier étant un apostat, accusèrent les Jésuites d'avoir monté un complot pour tuer le roi CHARLES II et le duc d'YORK. Les instigateurs de cette diabolique tentative n'étaient autres que le Père DE LACHAIZE et M. DE POMPONNE. Ils avaient versé aux Jésuites anglais des sommes considérables pour armer la main de sicaires. Ce double assassinat devant ensuite donner le signal d'une nouvelle Saint Barthélemy, suivie de l'incendie de Londres et de l'invasion de l'Irlande par une armée française. TONG et son complice qui auraient feint de participer au complot possédaient des lettres écrites de la main du Père LA CHAIZE prouvant l'authenticité de leurs al1êgations. OATES raconta qu'ayant feint d'entrer dans le complot il avait rencontré DON JUAN d'Autriche et que le Père LA CHAIZE, en personne, lui avait remis 12 000 livres sterling en pièces d'or. Le Roi CHARLES II tint à interroger lui-même OATES, lui demanda de décrire DON JUAN. "C'est un homme grand, maigre et brun !" LLe roi savait bien que le prince était de petite taille et de carnation claire.
« Où avez-vous rencontré le Père LACHAIZE ? »
-« Dans la maison
des Jésuites attenant au palais du Louvres ».
-« Misérable, s'écria le roi, les Jésuites n'ont pas de maison à moins d'un mille de ce palais ». Mais hélas l'indignation du roi n'alla pas plus loin et c'est avec dédain qu'il abandonna l'enquête au comte de Shaftesbury. Ce dernier y voyant une occasion de profit politique pour lui-même monta l'affaire en épingle en échauffant l'opinion contre les catholiques. Le Parlement fit arrêter Lord Arundel, le comte de Powis, le comte de Stafford, Lord Peters, lord Castelmaine, lord Be11assis. Ils rejoignirent à la Tour de Londres six Père jésuites, dont le Père Ire1and et les chapelains de la Reine GROVER et PIKERING. Ces derniers pour 1 500 livres (valeur de 30 000 messes), avaient pour mission de tirer sur le roi à Windsor. Quant au Père IRELAND il aurait fait feu à trois reprises mais curieusement son pistolet n'avait pas fonctionné. Les six jésuites périrent de la main du bourreau ainsi que trente laïcs, les nobles furent bannis du royaume. Titus OATES devint le héros du jour et reçut une généreuse pension. Mais les esprits revinrent à la raison et dès 1680 plusieurs victimes de la machination furent acquittées et d'autres réhabilitées. Puis le duc d'YORK réussit à faire condamner OATES pour diffamation et parjure. Il fut emprisonné puis dégradé, flagellé en public et exhibé au pilori devant les divers tribunaux avec un écriteau sur le front rapportant ses parjures. La révolution de 1688 le libéra et lui rendit sa pension. Quant à Charles II il mourut muni des sacrements de l'Eglise en confirmant son appartenance au catholicisme. Le Père LA CHAIZE ne souffrit pas auprès du roi de ce prétendu complot. Il faut rappeler ici les liens qui unissaient le roi CHARLES II à LOUIS XIV.
Un texte de Paul Thiolière écrit à l’occasion d’une AG de l’amicale des anciens du château.
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