Monsieur
le conseiller général,
Messieurs
les présidents,
Mesdames
et messieurs les maires,
Mesdames
et messieurs,
ll y a
trente ans dans le fracas et la poussière, disparaissait le château d'Aix. Il
avait été endommagé par un incendie une nuit de novembre 1971. Puis malgré
quelques essais infructueux pour essayer de le sauvegarder, une longue période
d'oubli, d'agonie allait commencer. Durant huit années, jours après jours,
semaines après semaines, années après années, le château allait lentement
se dégrader, jusqu'au printemps 1979, où, il représentait un tel danger pour
les jeunes de l'ISEF situé à proximité qu'il fallait se résoudre à le détruire.
Ce bâtiment, ce patrimoine, qui nous avait été légué par ceux qui nous ont précédé, nous aurions du le transmettre à ceux qui vont nous suivre et nous ne l'avons pas fait. C'est bien dommage pour plusieurs raisons.
La
première c'est que ce château nous venait tout droit du XVIème siècle. Quand
je dis qu'il nous venait tout droit du XVIème siècle, je veux dire qu'il était
parvenu jusqu'à nous dans un exceptionnel état de conservation. Sa structure
externe n'avait que peu changé. Ses fossés étaient encore bien dessinés, la
marque de son pont levis était parfaitement apparente, même le passage des chaînes
existait encore. Quant à sa structure interne, elle était dans un remarquable
état de conservation. C'était un exemple rare d'habitation fortifiée du XVIème
siècle qui nous arrivait quasiment intacte, et nous n'avons pas su la garder.
La
deuxième raison pour laquelle il aurait fallu conserver le château d'Aix,
c'est que, le 18 août 1624, un dimanche à 9 heures du soir pour être précis,
naissait ici François de la Chaise d'Aix. Il était le second enfant d'une
famille qui allait en compter dix. Son père était Georges de la Chaise d'Aix.
Il était issu d'une ancienne famille établie à Aix depuis plus de 75 ans. Sa
mère était Renée de Rochefort.
François
allait grandir et passer son enfance dans cette belle vallée qu'il a du aimer
et apprécier comme nous l'aimons aujourd'hui. Puis il est parti faire ses études
au collège des jésuites de Roanne, puis en Avignon, et au collège des jésuites
de Chambéry. Il reviendra alors à Lyon, puis ses vœux prononcés, il sera
professeur dans cette ville durant plusieurs années. Un événement va alors
changer le cours de sa vie. Il va être appelé à la cour du roi de France,
Louis XIV. Il deviendra son confesseur, et le sera durant trente quatre années,
jusqu'à sa mort en janvier 1709, il y aura 300 ans l'année prochaine.
Personnage mal connu, il est pourtant un personnage important de l'histoire de
France en regard de sa fonction auprès du roi. Ce fût un homme de silence,
mais un homme d'influence. Le plus grand cimetière parisien porte son nom, le
cimetière du Père Lachaise.
Enfin
la troisième raison pour laquelle il aurait fallu garder le château d'Aix,
c'est que depuis plus de cent ans, cette vallée est vouée à la pédagogie.
Depuis plus de cent ans des jeunes viennent ici se former et préparer leur
avenir d'homme. Pour eux le château c'était leur point de repère, c'était
leur flambeau, leur bannière, c'était leur maison, leur nid… et ce repère
à disparu.
Tout
d'abord, il y eu un orphelinat agricole en 1898. cet orphelinat a fonctionné
jusqu'à la grande guerre, il a fermé en 1914, puisque malheureusement les
encadrants furent mobilisés.
Puis en
novembre 1917, par un glacial hiver de guerre arrivent les salésiens. Ils ne
sont pas nombreux, cinq ou six tout au plus. Ils n'ont rien, pas même du bois
pour se chauffer. Il doivent l'emprunter à la scierie voisine et le soir s'éclairer
à la lampe à pétrole. Ils n'ont rien que leurs mains et… leurs prières. Et
pourtant ils sont restés quarante ans, et voici ce qu'ils ont fait…Bien sur
ils n'ont pas fait que des bâtiments, mais je ne vous parlerai pas de leur pédagogie,
ont vous en parlera mieux que moi tout à l'heure. Leur école a acquis une réputation
nationale et elle a fermé en 1957.
En 1958
c'est l'ISEF du château d'Aix qui a pris le relais, il y aura déjà cinquante
ans cette année. L'œuvre pédagogique continue avec d'autres enfants, d'autres
moyens, tournée vers l'avenir.
Ce sont
d'ailleurs les jeunes de cet établissement qui ont réalisé ce remarquable
travail avec leurs éducateurs techniques. Je voudrais les remercier
personnellement, ils seront remerciés plus officiellement tout à l'heure, car
le timing était très serré et il l'ont tenu remarquablement.
Ainsi
donc, ce mémorial, qui a été réalisé dans un esprit, une philosophie de
convivialité, puisque il est entouré de petits bancs pour s'asseoir et échanger
devant ces plaques, qui a été réalisé avec une philosophie de fraternité,
sera là pour les générations présentes et futures, pour leur rappeler , que
dans cette vallée, pleine de vie, il y avait autrefois un château et qu'il y a
longtemps, notre histoire locale y a rencontré l'histoire de France.